Batailles de Westeros : battlelore est un jeu tiré d'un univers qu'on connait mieux sous le nom "
Trône de fer". Sous intitulé
Battlelore,
il n'est ni une extension ni associable à ce dernier, il n'est qu'un
autre jeu sur un univers différent basé sur la même mécanique avec ses
particularités. Ici, seules deux maisons sont représentées : les
Lannister et les
Starks. On suppose que les extensions viendront apporter d'autres maisons.
La
boite est d'une taille impressionnante et carrée mais reste donc assez
aisément transportable. On est loin des standards rectangulaires
intransportables. Elle n'en n'est pas moins bien fournie, mais comme
souvent avec cet éditeur, ne contient pas de thermoformage. Le plateau,
imprimé sur ses deux faces, nécessitera une grande table. Étrangement,
les deux faces ne proposent qu'un changement presque imperceptible.
Un peu plus de 160 figurines sont fournies. Et là, surprise : toutes nécessitent d'être collées à leur socle.
Edge/FFG
n'ayant pas habitué ces joueurs à de tels travaux pratiques et ce
détail n'étant pas indiqué au dos de la boîte, la surprise peut être
mauvaise pour les joueurs espérant jouer dans la soirée, chose
impossible.
Faiblement détaillées, seule la couleur permet la
différence entre les groupes. Pas de blason, de signes distinctifs ou
autres, un plastique mou et fragile et une finition dont on a vu mieux.
La boite contient aussi des jetons en pagailles, des porte-drapeaux et
leurs supports. Là encore on est surpris de la bizarrerie de la chose,
un mélange de carton et de plastique, surtout que depuis un sachet de
ces drapeaux mieux conçu tout en plastique à 10€ a vu le jour.
Tout ces éléments créent une certaine perplexité au vu du prix de la boite (80€ tout de même!).
Pendant tout le temps libre que laisse le temps de séchage de la colle, passons au mode d'emploi. Comme à l'habitude de
Edge,
c'est fluide et agréable à lire. On notera quelques petites fautes et
incohérences qui font le charme de cet éditeur. Dans les grandes lignes,
les connaisseurs de
Mémoire 44 ou
Battlelore
y retrouveront le principe : on lance des dés pour attaquer. Chaque
unité a une couleur qui lui est attribué via un drapeau qui détermine
son rang. Si la face du dé est de la couleur de l'unité, il y a touche
et une figurine est éliminée. Une face joker et une face drapeau, qui
force la retraire (avec ou sans touche). Ici, par comparaison avec ses
prédécesseurs, on notera une petite nouveauté, l'utilisation d'un dé à 8
faces au lieu de 6, rien de bien révolutionnaire. La grosse différence
se situe sur les cartes.
Battlelore et
Mémoire 44
proposaient un système de carte de zone, qui permet de bouger un
certain nombre d'unité dans une zone. Ici, cette notion disparaît
complétement au profit de cartes de commandant. La zone de terrain
laisse place à une zone autour d'un commandant cible (au nombre de 2 ou 3
par mission). Tout va donc se jouer autour de ces personnages et leur
influence déterminante.
Le déroulement de la partie est très
aléatoire : à chaque tour, chaque joueur va lancer 4 dés et gagner un
jeton de la couleur correspondante. Ces jetons serviront le cas échéant à
activer une unité de cette couleur.
Chaque unité activée se démobilise. Un jeton drapeau peut permettre de remobiliser l'unité et éventuellement de rejouer avec.
Dernier
point : les personnages ont leur propres cartes et compétences.
Celles-ci, sans être dégénérées, sont bien pensées et apportent un vrai
plus appréciable.
Quelques petites compétences et mots techniques, et le gros des règles a été assimilé.
Une
fois la colle sèche, et ces déceptions passées, que cache le jeu ? Une
longue et fastidieuse mise en place, pour une moyenne de 30 minutes,
entre les tuiles hexagonales, les drapeaux, et les troupes à poser. La
guerre peut enfin commencer !
Le jeu se révèle assez simple. Loin
d'un wargame lourd, l'aspect tactique est bien plus présent que chez
ses prédécesseurs. Évidemment, les dés restent aléatoire et leurs
conséquences aussi, mais l'aspect très orienté
"commandant"
force les joueurs à penser stratégiquement et habillement leurs
attaques. Ensuite, les indomptable dés viendront jouer leur rôle. Les
commandants ont une place prépondérante dans les parties. Leur rôles,
placement, et survie assure la victoire ou la défaite du joueur qui
saura les utiliser. Rappelant bien l'ambiance du
Trône de fer,
cette logique permet une meilleure immersion dans l'univers. Les
parties s'enchaînent assez vite, la partie semble tourner, suivant les
joueurs, autour d'une heure. Le livret de mission en propose
suffisamment surtout si les joueurs changent de camp.
Le jeu semble tout de même un peu long et lent. Bien moins nerveux que
Battlelore, dont il tire son nom,
Batailles de Westeros reste fun et accessible mais autorise peu de retournement de situation et d'effet très surprenant.
Le
connaisseur de l'univers sera ravi de découvrir l'univers graphique,
les textes d'ambiances, et la mécanique au service du jeu. Hélas,
l'ignorant n'a que peu de repères, et rien n'est là pour l'aider à s'y
retrouver entre faction, nom, figurine et autres matériel. L'invitation
au fan de l'univers et initié est largement accueilli, les autres sont
légèrement mit à pied.
Proche de ce que pourrait être un Battlelore V2 très focalisé personnages, certaines mécaniques peuvent paraitre fastidieuse.
On
se demande parfois si un jeu totalement neuf sur ses mécaniques
n'aurait pas été mieux venu afin d'illustrer l'univers riche et porteur
du "
Trône de fer".
Batailles de Westeros parait donc un jeu essentiellement tourné vers un
public de fan, un "fan service". Quoiqu'un peu cher et nécessitant un
travail de "construction de figurine", tout en étant trop peu éloigné de
battlelore pour justifier un achat par les fans de ce dernier,
Batailles de Westeros peut être un bon palliatif pour tous ceux qui ne
possèderaient pas déjà Mémoire 44 ou battlelore. Le jeu avance pourtant
quelques bonnes idées mais se repose sur une mécanique déjà vue et
parait presque uniquement orienté vers les fans. Le néophyte risque
d'être perdu, de passer à côté du plaisir de jeu et préfèrera les autres
version. Quant au wargammer, la mécanique trop simple et aléatoire le
laissera dubitatif. Le battlelore de trop ?