University Games s'adresse à nos jeunes enfants en leur proposant
La chenille qui fait des trous. Comment ? Vous ne connaissez pas
la chenille qui fait des trous
? Ne vous en faites pas, si votre petit est passé par la case "école
maternelle", lui, la connaît ! A l'origine, il s'agit d'un album
incontournable de la littérature de jeunesse, écrit et illustré par
Eric Carle.
Il raconte l'histoire d'une chenille, cherchant, tous les jours, de
plus en plus de nourriture pour se transformer, au bout d'une semaine,
en un magnifique... Hou la la, j'allais vous raconter la fin ! Je peux
tout de même vous dire pourquoi elle fait des trous. Chaque fois qu'elle
trouve un aliment, elle en mange un bout. Le livre est donc perforé ce
qui a, en partie, fait son succès. Le jeu de société
La chenille qui fait des trous est donc un produit dérivé de l'ouvrage d'
Eric Carle. Saura-t-il être à la hauteur de cette célèbre "Very Hungry Caterpillar" (titre original de l'album) ?
Observons attentivement le cocon. La boîte de jeu et le matériel ont joliment été illustrés par
Eric Carle.
Les couleurs chatoyantes de l'album et les illustrations enfantines s'y
retrouvent, fort heureusement. Après dissection et sans grande surprise
nous trouvons un grand plateau de jeu en carton épais, une solide
roulette nécessitant un minimum de dextérité et, seule originalité, des
supports en plastique sur lesquels s'enfilent des jetons aliments
perforés rappelant les trous présents dans l'album.
University Games
a donc produit un cocon magnifique renfermant un matériel manipulable à
l'infini par de petites mains aux gestes souvent brusques. Cette
enveloppe fait de
La chenille qui fait des trous un jeu attrayant mais est-ce suffisant pour en faire un jeu passionnant ?
Le
but du jeu est à la portée du public visé. Nos loulous de 3 ans
comprennent aisément qu'il faut être le premier à rassembler tous les
jetons aliments nécessaires à la métamorphose de la chenille.
La chenille qui fait des trous
est un jeu de parcours traditionnel. Chaque joueur tourne la roulette
puis avance son pion sur le plateau s'il tombe sur un chiffre (de 1 à 4)
ou passe son tour s'il tombe sur la lune. Mais le parcours est jalonné
de cases spéciales, facilement reconnaissables grâce à leur taille et à
leurs dessins. Il faut obligatoirement s'y poser pour y prendre de la
nourriture, la quantité d'aliments étant déterminée par la roulette. Ces
cases sont uniques, chaque participant doit s'y arrêter même si,
d'après la roulette, il peut encore avancer. Cela ralentit énormément le
jeu et lui donne un côté frustrant. A de trop nombreuses reprises, le
chiffre indiqué par la roulette est inutile car il n'y a que trois cases
normales entre deux cases spéciales. Si votre bout de chou est à une
case d'une case spéciale, il devra s'y arrêter même s'il fait un 4. De
même, sur un des emplacements obligatoires, il n'y a qu'un aliment à
récupérer donc qu'il fasse 1, 2, 3 ou 4, le résultat est le même. Les
règles sont donc simples mais le jeu n'est pas très vivant à cause des
arrêts répétés. Un parcours plus long aurait été judicieux.
La chenille qui fait des trous
confirme le proverbe "Il faut se méfier des apparences." Ce jeu possède
un matériel de qualité, un design magnifique et est dérivé d'un album
culte mais il propose des règles en partie frustrantes à cause d'une
roulette dont le résultat est trop souvent inutile. Il ne réussit pas à
métamorphoser un moment de jeu en un moment de plaisir ludique. Il ne
peut même pas être défini comme un outil éducatif, support pour enrichir
quelques connaissances sur les chenilles ! A ne réserver qu'aux très
grands fans de l'illustrateur !