EVO est un jeu de
Phillip Keyaerts sorti en 2002 qui n’avait pas rencontré son public. Paru avec des graphismes enfantins, les
studios Descartes (
Asmodee) offrent à ce jeu, qui aurait eu bientôt 10 ans, une nouvelle jeunesse.
La nouveauté la plus visible est le parti pris graphique. Le nouvel
EVO
se veut plus adulte avec des dessins plus réalistes (pour le peu qu’en
savent les paléontologues). Pour le reste, le jeu n’a pas trop évolué.
EVO,
de quoi s’agit-il ? Chaque joueur représente une tribu vivant en
harmonie avec une race de dinosaures sur une île éphémère à la météo
capricieuse.
A chaque tour, les joueurs vont déterminer au hasard la
météo de l’île pour ce tour. Quelle région sera glacée, tempérée,
brulante et enfin laquelle sera mortelle. Car nos petits dinosaures sont
sensibles : s’ils n’ont pas l’équipement adéquat, ils mourront !
Vient
alors une étape où les joueurs pourront acheter des gènes à intégrer au
pédigrée de leurs bestiaux. De la fourrure pour résister aux
températures froides, des pattes supplémentaires pour se déplacer plus
loin, des cornes pour se défendre ou attaquer, à chaque tour, les
joueurs pourront miser des
points de mutation (nous y
reviendrons) pour remporter tel ou tel gène vital pour ce tour et les
suivants. Évidemment, il n’y en aura pas pour tout le monde, il faudra
donc parfois y mettre le prix. La mécanique est similaire à celle du jeu
Cyclades, pour ceux qui connaissent.
Troisième
étape, nos dinosaures pourront se déplacer et se battre pour prendre les
meilleures régions. Les combats se règleront au dé mais avec un hasard
limité : avec plus de cornes que l’adversaire, les chances de l’éliminer
ou se défendre contre une éventuelle agression sont bien meilleures.
Quatrième étape, la ponte: nos dinosaures vont pondre un ou des œufs sur des cases adjacentes à leur position.
Dernière
étape: l’étape de survie. Tous les dinosaures qui sont dans une région
où ils ne peuvent pas survivre (ils n'ont pas le gène adéquat) meurent.
On compte le nombre de dinosaures vivants pour chaque joueur : ce nombre
correspond aux
points de mutation que celui-ci remporte.
La
fin de la partie a lieu durant la phase météo entre le 9e et le 11e
tour de jeu (une météorite mettant fin à la fête). Chaque joueur compte
alors ses “points de mutation” pour savoir qui a gagné.
Concernant
le matériel, le bestiau est plutôt bien pourvu. Deux plateaux
recto-verso permettent de jouer théoriquement (j’y reviendrais) de 2 à 5
joueurs. On trouve également un plateau pour les enchères, une roue
pour déterminer le climat (qui manque de clarté), des tuiles gènes (pour
faire évoluer nos animaux), un sac pour les piocher, des plateaux
individuels pour chaque joueur, des meeples (figurines en bois)
dinosaures tout mignons, un gros dé pour le combat. Bref, on en a pour
son argent (le jeu coûte autour de 40-45 €).
EVO est
un jeu qui fait plaisir à voir. Même si le thème fait un peu plaqué
(surtout la présence des humains), il saura plaire grâce son beau
matériel. J’émettrais juste un bémol concernant la roue du climat qui
aurait pu avoir une lecture plus évidente (via des pictos, etc…). Coté
mécanique, il faut aimer les jeux d’enchère avec une pointe de
diplomatie. Le jeu est assez tendu. Il est très difficile quand on a une
tribu nombreuse de faire survivre tout le monde surtout que les autres
ne se gêneront pas pour vous prendre la place, par la force s’il le
faut. La variété des gènes offre pas mal de stratégies variées et
intéressantes même si certains gènes uniques sont définitivement trop
forts (coquille épaisse !). Dernier point, le jeu à 2, sans une
modification des règles d’enchère, semble une gentille blague.
EVO est
il un jeu indispensable ? Si vous possédez déjà une ludothèque bien
remplie, je ne le pense pas forcément. On retrouvera tout de même pas
mal de mécaniques déjà croisées dans d’autres jeux. En revanche, si vous
souhaitez un jeu pas trop compliqué mais avec un peu de challenge, du
beau matériel et que votre animal favoris est un diplodocus poilu, alors
foncez ! Ce jeu est fait pour vous !
Par Fendoel
Le 29/08/2011